Tchernobyl 40 ans après

Colloque interdisciplinaire accompagné de plusieurs manifestations culturelles et scientifiques

7 29 avril 2026
9h 21h
Campus central | Strasbourg

Il y a quarante ans, la catastrophe de Tchernobyl marquait un tournant dans l’histoire environnementale, politique et sociale du XXe siècle. Pour commémorer cet événement et en explorer les multiples répercussions, un ensemble de manifestations est organisé, invitant à la réflexion, à la découverte et au dialogue. Au programme : un colloque international, des expositions, une table ronde, une expérience immersive en réalité virtuelle, ainsi que des rencontres littéraires et des visites guidées. Ces initiatives, portées par une volonté de mémoire et d’analyse, offrent un éclairage pluridisciplinaire sur les traces, les transformations et les enjeux contemporains liés à Tchernobyl.

 

Un programme proposé par l'Institut Thématique Interdisciplinaire Lethica (Littératures, éthique & arts) et les bibliothèques de l'Université, en partenariat avec la représentation ukrainienne au Conseil de l’Europe, et la Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg.

 

  1. Colloque « Tchernobyl 40 ans après : des signes à déchiffrer », 27 et 28 avril 2026, salle In Quarto, Le Studium
  2. Exposition « Tchernobyl 40 ans après : traces et mutations », 8 au 28 avril, salle In Quarto, Le Studium & 1er étage, bibliothèque du Studium
  3. Exposition « Affiches : promotion, propagande et protestation autour du nucléaire », 8 au 28 avril, 2e étage, bibliothèque du Studium
  4. Table-ronde « 40 ans après : Tchernobyl toujours à la frontière », 13 avril, 18h salle In Quarto, Le Studium
  5. Rencontre avec l'autrice ukrainienne Alexandra Koszelyk, 15 avril 17h, salle In Quarto, Le Studium
  6. Une expérience immersive en réalité virtuelle : Tchernobyl VR, 27 et 28 avril 2026, niveau -1, Le Studium
  7. Projection : La Disparition, 27 avril 18h30, auditorium, Bnu

 

Lancement de l’événement interdisciplinaire Tchernobyl 40 ans après avec une présentation de Tatiana Victoroff suivie d’une introduction à l’exposition par Magalie Risser et Samir Moinet. Olésia Pashkalnay et Svitlana Namestiuk vous proposent ensuite une visite guidée de l’exposition, qui sera suivie d’un buffet.

 Mardi 7 avril à 18h
 Le Studium, salle In Quarto

 

Colloque « Tchernobyl 40 ans après : des signes à déchiffrer », 27 et 28 avril 2026, salle In Quarto, Le Studium

Organisé par Tatiana Victoroff (Faculté des lettres, UR Configurations littéraires), Emmanuel Béhague (Faculté des langues, UR Mondes germaniques et nord-européens) et Jean-Christophe Weber (Faculté de médecine, UMR Archives Henri-Poincaré)

L’ITI Lethica propose, à l’occasion de la commémoration de la catastrophe, un colloque dont l’objectif est d’en interroger les signes et les traces, avec ce recul de 40 ans.

« Tchernobyl est un mystère qu’il nous faut encore élucider. C’est peut-être une tâche pour le XXIe siècle. Un défi pour ce siècle nouveau ». C’est ainsi que Svetlana Alexievitch commence sa Supplication, « chronique du monde après Tchernobyl » sur la catastrophe du 26 avril 1986. Qualifié de « début d’une nouvelle ère historique », Tchernobyl a été d’abord un évènement brutal qui a bouleversé la vie de centaines de milliers de personnes, mais la catastrophe s’est étendue dans le temps : régions contaminées et durablement inhabitables ; menaces sanitaires des conséquences de l’irradiation ; conséquences démographiques, économiques, politiques... Ravivé par l’accident nucléaire de Fukushima, Tchernobyl a aussi corrodé la foi dans la science, le progrès technologique, la parole publique.

Ce colloque se propose comme une contribution à poursuivre l’écriture de l’histoire du « cas » Tchernobyl, selon des modalités diverses, au-delà des seuls événements mesurables : il peut être question de sciences, de modalités d’expertises, de médecine, de psychologie, de sociologie, d’anthropologie, de droit, de philosophie, de géopolitique, d’écologie, etc., mais aussi d’œuvres littéraires et artistiques, lesquelles ont déjà pris une part importante à l’élaboration de récits aussi bien intimes que collectifs, ouverts sur le passé d’une expérience mais aussi sur l’imagination d’un avenir possible.

 

Lire l'appel à communications (2025)

Programme en cours de finalisation

 

Deux temps forts :

  • La représentation d'Elena ou la mémoire du futur, un monologue théâtral à partir du prologue de La Supplication de Svetlana Alexievitch (jeu : Nathalie Vannereau, mise en scène : Bruno Boussagol, dramaturgie : Virginie Symaniec, traduction : Galia Ackerman et Pierre Lorrain). Représentation suivie d'un échange avec l'équipe artistique.


 Lundi 27 avril de 18h30 à 20h
  Portique, salle Évolution
  Entrée libre dans la limite des places disponibles

*

  • La projection du film Volodarka, un documentaire fiction réalisé par Nathalie Vannereau. Projection suivie d'une discussion avec la réalisatrice.

Synopsis : Volodarka est le nom d’un village ukrainien, classé zone 4 depuis la catastrophe nucléaire du 26 avril 1986. En bordure de la zone évacuée autour de Tchernobyl : la vie ordinaire, les rires, l'ennui, les chants, le souffle de ces vies invisibles exilées dans leur propre terre. Une autre figuration du réel s'annonce. La terre maudite est aussi une puissance d'avenir qui bourgeonne, que l'on cultive, qui nourrit tout espoir.

 
  Mardi 28 avril de 18h30 à 20h30
  MISHA, salle de conférence
  Entrée libre dans la limite des places disponibles

Exposition « Tchernobyl 40 ans après : traces et mutations »

L’exposition Tchernobyl 40 ans après : traces et mutations présente les œuvres de trois artistes : les peintures de Xenia Angelova, les photographies de Laurent Michelot (auteur de Tchernobyl, visite post-apocalyptique, éditions du Chêne, 2020) et celles de Dzianis Ramaniuk. Des costumes de liquidateurs ainsi que des objets en rapport avec la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, prêtés par l'historienne et écrivaine Galia Ackerman et l'anthropologue Frédérick Lemarchand, seront également exposés. Au 1er étage du Studium dans l’espace Bulle, seront exposés plusieurs dessins sur la catastrophe nucléaire, réalisés en 1986 par des enfants de 5 à 12 ans. 

Commissariat : Samir Moinet
Soutien scénographique et logistique : Magalie Risser
  Du 8 au 28 avril, en accès libre de 9h à 19h
  Le Studium, salle In Quarto
  Visites guidées sur réservation

 

Exposition « Affiches : promotion, propagande et protestation autour du nucléaire » 

Quarante ans après la catastrophe de Tchernobyl, le nucléaire continue de susciter débats, espoirs et inquiétudes. À travers une sélection d’affiches européennes, cette exposition propose un regard historique sur la manière dont le nucléaire a été représenté, défendu ou contesté dans l’espace public. Née à la fin du XIXᵉ siècle, l’affiche illustrée est rapidement devenue un outil puissant : instrument de persuasion, vecteur d’information, support d’alerte ou de mobilisation. Ces images, conçues pour frapper les esprits, accompagnent l’essor de l’atome civil et militaire, la montée des mouvements antinucléaires, mais aussi les stratégies de promotion industrielle et étatique. 

Une exposition réalisée en partenariat avec la Bnu, par Magalie Risser
 Du 8 au 28 avril, en accès libre de 9h à 19h
  Le Studium, 2e étage
 Des visites guidées des expositions seront proposées sur inscription (lien à venir)

 

Table-ronde « 40 ans après : Tchernobyl toujours à la frontière » 

Quarante ans après la catastrophe de Tchernobyl, l’Alsace offre un terrain d’étude privilégié pour interroger la réception régionale d’un événement global, à la croisée des enjeux scientifiques, politiques et mémoriels. Située au cœur de l’espace rhénan, cette région frontalière a été à la fois un observatoire des circulations d’informations entre Est et Ouest et un laboratoire des mobilisations écologistes émergentes dans les années 1980. Alexandre Sumpf (Université de Strasbourg), soviétologue et spécialiste des études alsaciennes, proposera une analyse des dynamiques locales et transnationales suscitées par Tchernobyl. Cette intervention, modérée par Jean-Christophe Weber, s’inscrit dans la démarche pluridisciplinaire du colloque, en reliant histoire, écologie et géopolitique.

 Lundi 13 avril à 18h
  Le Studium, In Quarto

 

Rencontre avec l'autrice ukrainienne Alexandra Koszelyk

Dans le cadre du colloque « Je trie ma bibliothèque », organisé par Riva Evstifeeva et Victoire Feuillebois, l'autrice d'origine ukrainienne Alexandra Koszelyk viendra présenter son livre L'Archiviste. Son premier roman, À crier dans les ruines (2019), se déroule dans le contexte de la catastrophe de Tchernobyl. La rencontre sera introduite par une visite de l'exposition Tchernobyl, 40 ans après : traces et mutations menée par Samir Moinet.

  Mercredi 15 avril de 17h à 19h
  Le Studium, In Quarto

 

Une expérience immersive en réalité virtuelle : Tchernobyl VR

Plongez au cœur de l’histoire de Tchernobyl grâce à une expérience immersive en réalité virtuelle. Ce projet éducatif innovant reconstitue les moments clés de la catastrophe : la construction de la centrale, l’accident de 1986, l’évacuation des populations, les opérations de liquidation, la construction du « Sarcophage » puis de l’« Arche », jusqu’à l’occupation de la centrale en 2022. Enrichi de commentaires audio, Tchernobyl VR offre une approche sensorielle et pédagogique unique pour comprendre les enjeux historiques, scientifiques et humains de la plus grande catastrophe nucléaire du XXe siècle.

En partenariat avec la représentation ukrainienne au Conseil de l'Europe
  Du 27 au 28 avril, de 10h à 12h et de 15h à 17h
  Le Studium, espace au sous-sol

 

Pour aller plus loin

 

Projection : La Disparition

La Bnu propose dans ce cadre une projection du film La Disparition (2016, 1h15) de Pol Crutchen, d’après La Supplication de Svetlana Alexievitch (Prix Nobel de Littérature 2015). Ce film ne parle pas de Tchernobyl, mais du monde de Tchernobyl dont nous ne connaissons presque rien. Des témoignages subsistent : des scientifiques, des enseignants, des journalistes, des couples, des enfants… Ils évoquent ce que furent leur quotidien, et puis la catastrophe. Leurs voix forment une longue supplication, terrible mais nécessaire, qui dépasse les frontières

En partenariat avec le Lieu documentaire
  Lundi 27 avril à 18h30
 Auditorium de la Bnu
  Sur réservation