Programmation culturelle autour du colloque
Contact : colloque-tchernobyl2026[at]unistra.fr
Visioconférence : LUNDI & MARDI
Sujet: Colloque "Tchernobyl" 27 avril
Heure: 27 avr. 2026 08:00 AM Paris
https://us02web.zoom.us/j/87142492278
ID de réunion: 871 4249 2278
Sujet: Colloque "Tchernobyl" 28 avril
Heure: 28 avr. 2026 08:00 AM Paris
https://us02web.zoom.us/j/87550284037
ID de réunion: 875 5028 4037
Lundi 27 avril 2026
8h30-9h00 : Ouverture et mots de bienvenue
- Anthony Mangeon (Coordinateur de l'ITI Lethica)
- Mykola Tochytskyi (Ambassadeur, représentant permanent de l’Ukraine auprès du Conseil de l’Europe)
- Tatiana Victoroff (Strasbourg)
9h00-10h30 : Conférences plénières. Présidence : Tatiana Victoroff
Jean-Paul Engélibert (Université Bordeaux Montaigne) : « Tchernobyl est toujours »
En 1957, Günther Anders écrivait « Hiroshima est partout » pour avertir de la possibilité qu'une telle catastrophe se reproduise en n'importe quel endroit du monde. En 1986 ce titre, transformé en « Tchernobyl est partout », devenait un slogan antinucléaire. Quarante ans après, on doit dire « Tchernobyl est toujours » pour affirmer que cette catastrophe a ceci de particulier qu'elle n'est pas terminée et qu'elle est sans fin - au moins au sens où son terme n'est pas prévisible. Comment la littérature et les arts peuvent-ils représenter le trouble du temps et de l'histoire qu'elle a provoqué ? Comment exprimer une catastrophe interminable ?
Constantin Sigov (Université de Kyiv) : « Le confinement à l’épreuve de l’arbitraire soviétique : Tchornobyl, expérience limite »
« Tchornobyl » ne désigne pas seulement une catastrophe nucléaire, mais une épreuve extrême révélant un système fondé sur le secret et le mensonge. L’explosion du quatrième réacteur marque une rupture : ce que dénonçaient les dissidents devient l’expérience vécue de millions de citoyens. Environ 50 millions de curies de radioactivité furent libérés dans l’atmosphère — l’équivalent de 500 bombes d’Hiroshima. En Ukraine, près de 50 000 km² furent contaminés, soit une surface supérieure à celle de la Belgique. Quarante ans après, cette « expérience limite » interroge encore l’Europe : comment penser la responsabilité lorsque l’information est dissimulée ? Comment déchiffrer les signes d’une catastrophe dont les effets semblent sans fin ?
10h30-11h00 : Pause-café
11h00-12h20 : Session 1 | En quête d'archive. Présidence : Jean-Christophe Weber
Camille Bouchain (Autorité de Sûreté Nucléaire et de Radioprotection) et Michaël Mangeon (UMR 5600 Environnement Ville Société) : « Tchernobyl par l’image, le point de vue soviétique »
Matthias Dörries (Université de Strasbourg) : « Le nuage de Tchernobyl »
Myriam Tonelotto (Wiltz, Luxembourg) : « Tchernobyl, la couleur du silence »
12h30-13h30 : Déjeuner (Jardin intérieur du Collège Doctoral Européen)
13h40-14h20 : Visite guidée | Exposition « Tchernobyl 40 ans après : traces et mutations »
Le photographe et écrivain Laurent Michelot présente ses photographies issues de son livre Tchernobyl, visite post-apocalyptique (éditions du Chêne, 2020). L'historienne et écrivaine Galia Ackerman commente ensuite les panneaux, objets historiques, costumes et dessins prêtés pour l'exposition.
14h30-16h30 : Session 2 | Fictions de Tchernobyl. Présidence : Emmanuel Béhague
Aline Lebel (Université de Strasbourg) : « Observer, interpréter et représenter les corps souffrants de Tchernobyl : enjeux et risques éthiques du geste herméneutique, dans le sillage de La Supplication de Svetlana Alexievitch »
Cédric Koch (Université de Strasbourg) : « La bande dessinée Un printemps à Tchernobyl, témoigner et faire œuvre »
Benjamin Felder (Université de Strasbourg) : « Stalker, du roman au jeu vidéo : l'itinéraire d’un "Tchernobyl ontologique"»
16h30-17h00 : pause-café
17h00-18h00 : Table ronde | Le tourisme nucléaire
avec Galia Ackerman, Laurent Michelot et Vera Kazartseva
18h30- 20h00 : Représentation | Elena ou la mémoire du futur (Salle Evolution, Le Portique)
suivie d'une discussion avec Bruno Boussagol (mise en scène) et Nathalie Vannereau (jeu).
Le spectacle prend la forme d'un monologue théâtral minimaliste, adapté du prologue de La Supplication de Svetlana Alexievitch. Elena est une femme traversée par l'histoire, qui devient alors une héroïne tragique contemporaine marquée par la catastrophe.
Mardi 28 avril 2026
8h30-10h30 : Conférences plénières. Présidence : Jean-Christophe Weber
Frédérick Lemarchand (Université de Caen) : « Tchernobyl, une catastrophe »
La catastrophe est un modèle d'entendement universel de « ce qui arrive » et de ce qui nous dépasse. La modernité est née avec le désastre de Lisbonne, faisant passer l'interprétation du mal du divin à la raison. Tchernobyl nous en a fait sortir, en redéfinissant les contours de l’indéfinissable. Nous sommes entrés en 1986 dans l'ère de l’irréversible, de l'irréparable et de l'impensé. Les improbables leçons de Tchernobyl - basées sur trente années de recherche en anthropologie - nous permettrons-elles d'aborder autrement que par la notion réductrice du « risque calculable » des questions aussi radicales que la sixième extinction des espèces ou le changement climatique ?
Martin Schlumberger (Université Paris-Saclay) : « La catastrophe de Tchernobyl : bilan sanitaire 40 ans après »
Un grand nombre de cancers de la thyroïde est survenu chez les personnes qui étaient jeunes au moment de l’accident et qui vivaient dans les régions contaminées. Les estimations initiales qui avaient prédit un excès considérable de cancers et de leucémies et un risque important d’anomalies génétiques dans leur descendance ont par la suite été revues à la baisse, alors que plusieurs centaines de millions de cancers liés à d’autres causes vont survenir. La survenue d’effets génétiques n’a pas été confirmée. Ces conséquences sanitaires ont conduit à la mise en place de mesures efficaces de protection des populations.
Sandrine Revet (Centre de recherches internationales de Sciences Po Paris) : « Ce que l'anthropologie fait des catastrophes »
A partir des recherches menées par l’auteure depuis 2002 sur différentes situations de catastrophes et sur leur « gouvernement » international, cette communication montrera ce que l’anthropologie permet de mettre en lumière quand elle s’intéresse à ces objets. La catastrophe peut être saisie à la fois comme un événement, qui produit une rupture et des destructions, face auxquelles les humains élaborent des moyens de faire face, de donner du sens et de réparer. Elle peut également être appréhendée comme un processus dont il est nécessaire de comprendre la construction historique sur un temps long, dégagé du seul temps de l’événement.
10h30-11h00 : Pause-café
11h00-12h20 : Session 3 | Aux risques de la comparaison. Présidence : Victoire Feuillebois
Vera Kazartseva (Université de Strasbourg) : « De "Maiak" à Tchernobyl : un signe non déchiffré »
Tatiana Hlukhava-Kasperski (Université Pompeu Fabra) : « 40 ans après Tchernobyl, quelle mémoire partagée de la catastrophe ? »
Etienne Ngoie (Université de Kinshasa) : « Tchernobyl, Shinkolobwe et la peur du nucléaire : une lecture géopolitique »
13h40-14h00 : Visite guidée | Xenia Angelova
La peintresse et mosaïste biélorusse Xenia Angelova présente ses œuvres exposées dans la salle In Quarto et témoigne de l’histoire de sa famille ayant vécu la catastrophe nucléaire de Tchernobyl.
14h00-14h20 : Lectures | Atelier animé par Nathalie Bègue, Pascal Maillard et Samir Moinet
Les membres de l’Atelier de création poétique de la Faculté des lettres proposent une lecture de textes, en rapport avec la catastrophe nucléaire de Tchernobyl ainsi qu’avec l’exposition.
14h30-15h50 : Session 4 | Du silence imposé à la mémoire partagée . Présidence : Aline Lebel
Zied Smat (Université de Tunis) : « La stylistique de l'effondrement : Tchernobyl comme Causa sui sine causa et l'écriture des signes radioactifs »
Alexis Nuselovici (Université d'Aix-Marseille) : « La catastrophe : entre histoire et nature. Une lecture du poème " Was geschah ?" de Paul Celan »
Milena Arsich (Université de Strasbourg) : « Après l’apocalypse : la catastrophe technologique comme objet du jeu romanesque dans la "trilogie du Docteur Garine" (2010-2023) de Vladimir Sorokine »
15h50-16h15 : Pause-café
16h15-17h45 : Session 5 | Après Tchernobyl : des signes à déchiffrer. Présidence : Guy Ducrey
Galia Ackerman (Université de Caen) : « Le KGB à Tchernobyl »
Jeremy Hamers (Université de Liège) : « Pied d’éléphant, confiance originelle et courant chaud : Alexander Kluge et les gardiens du sarcophage »
17h45-18h05 Conclusion
Tatiana Victoroff : « Le printemps nucléaire de Tchernobyl dans la littérature et les arts »
18h30-20h30 Projection | Volodarka (2012) (Salle de conférences, Misha)
Suivie d'une discussion avec Nathalie Vannereau (réalisatrice)
Volodarka est un village ukrainien, classé zone 4 depuis la catastrophe nucléaire du 26 avril 1986. En bordure de la zone évacuée autour de Tchernobyl : la vie ordinaire, les rires, l'ennui, les chants, le souffle de ces vies invisibles exilées dans leur propre terre. Une autre figuration du réel s'annonce. La terre maudite est aussi une puissance d'avenir qui bourgeonne, que l'on cultive, qui nourrit tout espoir.
Contact : colloque-tchernobyl2020@unistra.fr
